Vous voilà décidé à essayer d’utiliser votre vélo pour vous déplacer ! Mais vous ne savez pas quels chemins emprunter pour accéder à votre lieu de travail, le boulanger ou la crèche du petit dernier ?  Ça tombe bien, cet article va vous aider à trouver l’itinéraire qui vous correspond et le plus sécurisé.

Les infrastructures belges sont en pleine évolution, mais les routes ne sont pas toujours adaptées aux cyclistes. Alors que certaines routes sont simplement peu confortables, d’autres mènent à des situations dangereuses. Pour éviter cela et rendre le plus agréable possible vos déplacements à vélo, on vous propose plusieurs outils pour trouver l’itinéraire idéal.

Avant toute chose, connaissez-vous les particularité du Code de la route pour les cyclistes ? Piste cyclable, Sens Unique Limité, panneau B22/B23, rue cyclable, chevrons, piste cyclable suggérée, Zone Avancée pour Cyclistes, … Si vous avez des doutes au sujet de la signification de ces mots, votre trouverez un résumé du Code de la route rédigé par le GRACQ en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Résumé du code de la route (GRACQ)

Quels sont les critères pour définir un bon itinéraire ?

Alors qu’on rêve tous de voir le réseau de Cyclostrades (ou Fietssnelwegen) se développer près de chez nous pour ne rouler que sur des pistes séparées et réservées aux cyclistes, nous n’avons pas tous les mêmes critères pour évaluer un itinéraire à vélo. Une même personne peut aussi avoir des envies qui varient en fonction des déplacements ou des jours. Après le recensement de différents critères, nous allons découvrir plusieurs calculateurs d’itinéraires pour essayer de créer un itinéraire adapté à vos besoins.

Être en sécurité

Comme mentionné ci-dessus, l’idéal pour la sécurité des cyclistes est d’avoir une piste cyclable séparée de la voirie destinée aux automobilistes. Ces pistes sont sécurisantes et agréables. Malheureusement nous n’avons pas de pistes séparées sur chacune de nos routes et certaines pistes séparées peuvent mener à des situations peu fluides (début ou fin de piste mal aménagée, passage de ronds-points, etc.).
Les cyclistes occasionnels ou les cyclistes en promenade vont accorder beaucoup d’intérêt à ce genre de critères, alors que les cyclistes plus sportifs qui ont plus l’habitude d’être mêlés à la circulation vont y prêter moins d’attention.
Heureusement, même sans piste séparée, il existe des trucs et astuces pour rendre son trajet plus sécurisé. Faites un tour sur l’article de Pro Vélo au sujet du positionnement du cycliste en voirie pour les découvrir.

Image issue d’une campagne de l’AWSR

Fluide

Un itinéraire fluide est un itinéraire sur lequel il n’y a pas beaucoup de carrefours, de feu tricolore ou autres raisons de mettre le pied au sol avant de redémarrer. C’est d’ailleurs un des principes clefs à l’origine des Cyclostrades. S’arrêter pour ensuite redémarrer et récupérer sa vitesse de croisière demande beaucoup d’efforts. Les Cyclostrades, Ravels, voies prioritaires et chemins de campagne avec une bonne visibilité permettent de ne pas devoir s’arrêter à chaque intersection et donc de conserver sa vitesse. Cela va diminuer l’effort à fournir.
Ce critère va moins déranger une personne qui va être aidée d’une assistance électrique lors des redémarrages. Les cyclistes qui font de plus grandes distances seront plus sensibles à cette caractéristique.

Éviter le dénivelé

Lorsqu’on se déplace à la force de ses jambes, c’est toujours une bonne idée de réduire le travail à fournir. Il est parfois intéressant de faire quelques kilomètres supplémentaires pour contourner une côte ou favoriser une pente plus faible.
Une personne qui roule avec une assistance sera moins impactée par les côtes grâce à l’assistance de son moteur.

Simplicité de navigation

Il n’est pas toujours nécessaire d’utiliser un GPS pour trouver son chemin à vélo. Plusieurs itinéraires fléchés existent. Le plus flexible et le plus standardisé à l’international est le réseau des points-nœuds. Si vous ne connaissez pas encore ce réseau, découvrez-le via cette vidéo explicative. Avec ce réseau, il vous suffit de retenir une série de quelques numéros pour vous orienter grâce aux panneaux (environ 5 numéros pour 10 km) ou de les noter sur un morceau de papier. Il existe des rubans à accrocher à votre guidon sur lesquels noter ces numéros. Vous n’aurez pas à détourner votre attention vers votre écran de smartphone pour savoir par où aller. Une grande partie de la Wallonie est déjà couverte par ce réseau et il s’étend de jour en jour.

Pas envie de se casser la tête ? Le GPS est alors votre meilleur allié. Il suffit de s’équiper d’une accroche pour smartphone sur le guidon, de télécharger une application de navigation et le tour est joué. Nous abordons quelques applications plus bas dans cet article.

Chacun son style

Lorsqu’on prend en compte ces critères, on se rend en effet compte qu’un cycliste du dimanche qui se promène pour profiter du beau temps ne va pas passer par les mêmes routes que le travailleur sur son VAE ou bien encore que le sportif qui se déplace à une vitesse avoisinant les 30 km/h sans assistance. Le premier va vouloir être le plus loin possible de la circulation, le second va prendre le chemin le plus court sans trop être en danger alors que le dernier veut le chemin le plus fluide pour éviter de perdre son élan.

Quels outils ou applications utiliser et pour quel résultat ?

Google Maps : www.google.be/maps

Le plus grand avantage de Google Maps est que la majorité des citoyens possède déjà l’application sur son téléphone et qu’il est facile de retrouver une destination grâce au moteur de recherche de Google. Par contre, l’utilisateur n’a pas beaucoup de paramètres avec lesquels il peut jouer. L’application propose 2-3 itinéraires en spécifiant pour chaque itinéraire :

  • Le temps estimé
  • La distance
  • Le profil du dénivelé ainsi que le dénivelé cumulé

Les autres applications nous permettent d’avoir des informations plus complètes et plus précises.

Points-Nœuds : www.fietsknoop.nl/app

Cette application va vous aider à utiliser le réseau des points-nœuds mentionné ci-dessus. Sélectionnez le point de départ, sélectionnez votre point d’arrivée et votre itinéraire est fait. Le trajet sera souvent un trajet qui évite au maximum toute circulation, recommandable pour un premier essai ou pour une promenade à vélo ! Le trajet n’est pas toujours le plus rapide, mais sera souvent le plus agréable. L’application donne les informations suivantes :

  • La distance entre chaque nœud et la distance totale
  • Le dénivelé entre chaque nœud et le dénivelé total
  • La distance restante avant le dernier nœud.

En plus d’avoir accès à des passages recommandés par d’autres utilisateurs de Komoot, nous pouvons ici adapter certains paramètres lors de la création d’un itinéraire. Le paramètre le plus important est le type d’activité : randonnée pédestre, sortie à vélo, VTT (classique ou Enduro), cyclisme sur route, course à pied, gravel et même alpinisme. Ce dernier est peu adapté à la Belgique, mais ces options permettent d’avoir un trajet adapté au vélo que vous utilisez. Vous pouvez ensuite définir un niveau de condition physique pour peaufiner l’estimation de la durée du trajet. Après ces étapes, Komoot vous donne les informations suivantes à propose de votre trajet :

  • Le temps estimé et la vitesse moyenne
  • La distance
  • Le profil du dénivelé ainsi que le dénivelé cumulé
  • Les types de chemin empruntés (piste cyclable, nationale, rue, route, et.)
  • Les différents revêtements de surfaces (pavé, goudronné, asphalte, etc.)

Komoot demande plus d’investissement de temps pour réaliser un itinéraire, mais le jeu en vaut la chandelle si vous considérez que vous allez fréquemment rouler sur ce trajet.

Naviki est le bon compromis entre la simplicité d’utilisation de Google Maps et le panel de possibilités de Komoot. L’itinéraire est adapté en fonction du mode de déplacement choisi parmi les possibilités suivantes : quotidien, vélotourisme, vélo de course, mountain bike, speed pedelec et courte distance. Ensuite Naviki propose deux itinéraires et donne les informations suivantes au sujet de l’itinéraire :

  • Le temps estimé et la vitesse moyenne
  • La distance
  • Le profil du dénivelé ainsi que le dénivelé cumulé
  • La quantité d’émissions d’équivalent CO2 évités
  • L’énergie consommée [kcal]
  • Le montant économisé en évitant d’utiliser une voiture (0,35€/km)

Les collègues

Vous êtes à la recherche de votre futur trajet domicile-travail à vélo ? Les meilleurs conseils viendront sans doute de vos collègues cyclistes. Ils auront souvent essayé les différents itinéraires possibles et pourront vous conseiller le trajet idéal. Vous pouvez même décider de réaliser une carte des itinéraires au sein de l’entreprise, en dessinant les itinéraires de tous les cyclistes de l’entreprise. Elle servira à tous les futurs cyclistes. Et c’est une chouette occasion aussi d’échanger entre cyclistes.

Quelques autres outils intéressants…

  • Carte Topographique qui permet de visualiser l’altitude d’une zone grâce à un code couleur
  • Strava Global Heatmap: Strava est le réseau social des sportifs le plus répandu sur lequel on peut partager les enregistrements GPS de ses sorties à vélo (et bien d’autres sports). Sur cette carte, on peut visualiser la fréquentation des routes en fonction des activités sportives. Il est toujours intéressant de savoir par où les autres passent !
  • OpenStreetMap : carte open source qui reprend tous les itinéraires cyclables. Cette carte reprend tant les points-nœuds, les Cyclostrades, les RAVeLs, les Eurovélo que les pistes de VTT et bien d’autres choses.

Vous n’êtes pas satisfait pas l’état des voies cyclables ?

Si une piste cyclable est en mauvais état ou si vous désirez reporter un quelconque incident, sentez-vous libre de contacter l’Echevin de la Mobilité ou le Conseiller en Mobilité (CeM) de la commune concernée. Vous retrouverez assez vite ses coordonnés sur le site web de la commune. Il est aussi possible de signaler le problème via Betterstreet ou FixMyStreet.

Certains opérateurs de réseaux cyclables ont un système destiné au signalement de problèmes. Pour les points-nœuds vous devez vous adresser auprès des provinces qui ont un moyen les contacter à ce sujet (par exemple le Brabant Wallon, le Hainaut,  les Cantons de l’Est, la province du Luxembourg, etc.). Pour le réseau des RAVeLs, vous pouvez aussi les contacter directement via leur site web.

Chaque application ou outil a ses avantages et désavantages. Pour trouver le meilleur itinéraire, il sera peut-être nécessaire d’en tester plusieurs chez soi pour choisir le trajet qui vous intéresse le plus.