La forte augmentation des prix des carburants impacte l'ensemble de la population. Pour certains, elle est véritablement devenue problématique tant elle pèse sur le budget. Dans certaines entreprises aussi, les frais de carburant de la flotte explose.
Que peut faire dès lors un employeur pour aider ses travailleurs dans une situation comme celle que nous vivons aujourd'hui ? Il peut créer au sein de son organisation les conditions de mise en œuvre d'une mobilité qui n’est plus centrée uniquement sur la voiture. Il peut donner accès à ses employés à une mobilité multimodale et durable.
Dans cet article, nous évoquons les principales pistes d'action et nous listons également les nombreux opérateurs de mobilité et bureaux d'étude spécialisés en mobilité qui peuvent répondre à des missions plus complexes ou plus spécifiques.
Le télétravail
Imposé dans le contexte de la pandémie de Covid 19, le télétravail s’est aujourd'hui fortement répandu. Il a convaincu de nombreux travailleurs et employeurs. S’il avait sa raison d'être et son utilité pour éviter les contaminations, il a aussi un rôle à jouer dans la crise actuelle de l'énergie. Permettre aux collaborateurs, dont la fonction s’y prête, de travailler plusieurs jours par semaine depuis leur domicile est une réponse pertinente au coût élevé actuel des carburants, surtout pour les personnes qui habitent loin de leur lieu de travail.
Il y a lieu de distinguer deux types de télétravail :
- Le télétravail occasionnel est une forme d'organisation ou de réalisation d'un travail (surtout intellectuel) qui aurait pu être réalisé dans les locaux de l'employeur mais qui, grâce aux technologies de l'information, est effectué au domicile du travailleur ou en tout autre lieu choisi par lui, de façon irrégulière et occasionnelle. Ce type de télétravail peut être invoqué en cas de force majeure (grève des transports en commun, intempéries…) ou pour des raisons personnelles, mais toujours avec l'accord de l'employeur. Le cadre légal pour ce type de télétravail se trouve dans la loi du 5 mars 2017.
- Le télétravail structurel quant à lui est réglé par la CCT n°85 du Conseil National du Travail parce qu’il permet aux collaborateurs d'une organisation de travailler régulièrement (un ou plusieurs jours par semaine) depuis leur domicile. L'employeur doit alors, sous la forme d'un avenant au contrat de travail, faire signer un accord écrit à l'employé. Cet accord mentionne la fréquence du télétravail, les horaires, le ou les lieux de télétravail, les moments auxquels le travailleur doit être joignable, les équipements fournis et les indemnités, l'assurance…
En 2021, un troisième type de télétravail a également été mis en application, en lien avec la crise du coronavirus Covid-19. Ce type de télétravail était réglementé par la CCT 149 pour toutes les entreprises qui n’avaient encore de règlement de télétravail au 1er janvier 2021. À la différence des deux autres types de télétravail, celui-ci ne s’organisait pas sur une base volontaire mais était obligatoire ou recommandé. La CCT 149 a cessé d'être en vigueur le 31 mars 2022.
Indemnité de télétravail
L'employeur peut accorder aux travailleurs qui télétravaillent de manière structurelle et régulière une indemnité forfaitaire de bureau de maximum 160,99 € /mois (montant valable à partir du 1er mars 2026, selon la circulaire 2026/C/38). Cette indemnité est exonérée de précompte professionnel et de cotisations de sécurité sociale. Elle vise à couvrir les frais d'utilisation de l'habitation privée comme bureau (chauffage, électricité, assurances, précompte immobilier…), les coûts du petit matériel de bureau, l'entretien…
Remarques :
- L'employeur n’est pas obligé d'octroyer cette indemnité ni de payer la totalité de ce montant.
- Cette indemnité n'est prévue que dans le cadre d'un télétravail structurel et régulier, pas dans le cadre d'un télétravail occasionnel.
- Si le montant de l'indemnité est supérieur à 160,99 €/mois, l'employeur doit être en mesure de prouver qu’il s’agit de frais réels. Sinon, ce montant sera soumis au précompte professionnel et aux cotisations ONSS.
Mise à disposition de matériel de bureau
Dans le cadre d'un télétravail structurel, l'ordinateur, la connexion internet, le GSM, le deuxième écran, la chaise de bureau, le matériel de bureau… mis à disposition du télétravailleur par son employeur sont considérés fiscalement comme des dépenses exonérées d'impôt et d'ONSS, moyennant certaines limites : 20 € / mois pour un ordinateur privé, 20 € / mois pour une connexion internet privée, 5€ / mois par appareil privé supplémentaire (écran, scanner, etc.) mais limité à maximum 2 appareils (maximum 10€) et non-cumulable avec l'exonération de l'ordinateur privé. On peut aussi opter pour un remboursement des frais réels, moyennant les pièces justificatives adéquates (dans la pratique, cette deuxième option est plus compliquée à réaliser).
En cas de télétravail occasionnel, tout le matériel privé est concerné et "le remboursement effectué sur la base des frais réels est exonéré d’ONSS et d’impôt moyennant la présentation des pièces justificatives".
Si le télétravailleur utilise le matériel fourni par son employeur à des fins privées, un avantage de toute nature (ATN) lui sera demandé. Le montant est déterminé forfaitairement en fonction du pourcentage de l'utilisation réelle.
Pour aller encore plus loin
Consultez https://www.teletravailler.be/, véritable boîte à outils du télétravail. Pensez également à solliciter votre secrétariat social; il est le partenaire idéal pour mettre en place le télétravail structurel dans votre organisation.
Les bureaux satellites
Si une entreprise a plusieurs sites, permettre à ses collaborateurs de travailler régulièrement ou ponctuellement depuis une succursale plus proche de leur domicile plutôt que depuis le site d'affectation initial peut être une solution intéressante pour réduire les coûts de déplacement. Ces bureaux permettent aussi à un travailleur qui doit partir en mission loin de son bureau principal de commencer ou d'achever la journée sans déplacement vers celui-ci.
Le coworking
En l'absence de bureaux satellites, les espaces de coworking peuvent aussi jouer ce rôle.
Espaces de travail équipé pour indépendants ou entrepreneurs, ils peuvent aussi accueillir les collaborateurs d'une entreprise dans une ambiance propice au travail à proximité de leur domicile et avec un accès facilité en transport en commun et moyens de mobilité douce. Le succès de la formule et le travail nomade gagnant du terrain, les espaces de coworking se multiplient en Belgique et en Wallonie et peuvent offrir aux entreprises une solution aux problèmes de déplacements de leurs travailleurs.
Pour plus d'infos, retrouvez sur le Géoportail de la Wallonie le réseau des espaces de coworking wallons, qui regroupe 21 espaces répartis sur toute la Wallonie.
2. La marche, c'est la base
Le diagnostic fédéral sur les déplacements domicile-travail nous apprend que 20 % des travailleurs habitent à moins de 5 km de leur lieu de travail et que 46,4 % des déplacements de moins de 5 kilomètres se font encore en voiture.
Valoriser la marche à pied pour ces petits trajets ou pour les premiers et derniers kilomètres, lorsqu’il s’agit de les combiner avec les transports en commun, est une démarche de mobilité basique à promouvoir.
Mesures qu’un employeur peut prendre pour encourager la marche :
- Mettre à disposition des collaborateurs des itinéraires depuis la gare ou les arrêts de bus les plus proches
- Prendre contact avec la commune si des points noirs sont constatés. L'application Fixmystreet permet de signaler directement des problèmes nécessitant un entretien ponctuel comme de la végétation gênante, un trou dans le trottoir…
- Faire connaître les itinéraires en organisant sur le temps de midi, par exemple, des balades ou des joggings aux alentours de l'entreprise.
- Organiser un challenge, un concours encourageant les déplacements à pied. Il existe des applications qui permettent d'encadrer ce genre d'initiative, comme celle de formyfit.
- Offrir un incitant (une nouvelle paire de chaussures, un vêtement de pluie, un sac à dos, des équipements réfléchissants…) aux marcheurs réguliers.
- Octroyer aux marcheurs une indemnité pour usage d'« autres moyens de transport ». Cette indemnité sera exonérée d'impôt jusqu’à maximum 500€/an (revenus de 2026). Toutefois, l'ONSS la considérant comme une rémunération, un versement de cotisations de sécurité sociale sera exigé dans le chef des entreprises (là réside la différence avec l'indemnité vélo).
Pour aller plus loin
Tous à pied travaille à développer, notamment, la culture de la marche utilitaire.
3. Le vélo
Promouvoir les déplacements domicile-travail à vélo est une option intéressante pour les travailleurs qui habitent à proximité de l'entreprise. Jusqu’à 15 km de distance, le temps de trajet reste raisonnable et l'engouement pour le vélo à assistance électrique permet de toucher un public moins sportif à la base. Le vélo est aussi à envisager en combinaison avec les transports en commun pour les premiers et derniers kilomètres. Il apporte évidemment une réponse pertinente au problème de la hausse de carburant puisque venir à vélo ne coûte rien et permet même de rapporter un peu d'argent au travailleur grâce à l'indemnité vélo perçue.
Le parking vélo
Disposer d'un parking vélo est un prérequis indispensable pour promouvoir le vélo dans une entreprise. Pour répondre aux besoins des cyclistes et surtout garantir la sécurité des vélos qui y sont entreposés, des critères de qualité sont vivement recommandés (à retrouver en vidéo sur notre site Internet).
Dans l'urgence de la situation, pour éviter d'attendre trop longtemps ce parking idéal (il faut en effet parfois du temps pour débloquer les financements, trouver les prestataires qui vont exécuter les travaux et la réalisation proprement dite), nous vous suggérons ici quelques solutions temporaires qui peuvent être mises en place rapidement :
- Utiliser des barrières Nadar conventionnelles pour réaliser un parking ou des barrières Nadar adaptées à la création de parkings vélos comme les barrières VéloCité à Liège.
- Placer des modules de parkings vélo temporaires (Altinnova).
- Installer rapidement des U inversés, autoportants ou simplement ancrés dans le sol (Seton).
L'indemnité vélo
Afin d'encourager les employés à venir en vélo, il est possible de leur octroyer une indemnité kilométrique exonérée d'impôts et de charges sociales jusqu’à 0,37 €/km (montant indexé pour l'année de revenus 2026).
Douches, casiers et vestiaires
Vous avez des douches et des vestiaires dans vos bureaux ? N’hésitez pas à communiquer à ce sujet pour inviter les cyclistes à les utiliser. Quand ils sont réservés à une catégorie de travailleurs, veillez à les rendre accessibles aussi aux cyclistes.
S’il n’y a pas de vestiaires à proprement parler, réservez un petit espace à proximité des douches pour y installer des casiers pour permettre aux utilisateurs d'y laisser leurs affaires.
Vous n’avez pas de douches ? Des alternatives peuvent être proposées comme la transformation d'une toilette PMR en toilette + douche.
Comme les parkings vélo, l'aménagement ou la rénovation de douches et vestiaires, de même que l'achat de casiers sont entièrement déductibles fiscalement.
Activités de sensibilisation et de mise en selle
Pour encourager vos travailleurs à essayer le vélo, des actions de sensibilisation et de mise en selle sont très utiles à organiser en entreprise. Quelques exemples :
- Communiquer sur les itinéraires. On ne vient pas à vélo sur le lieu de travail en empruntant le même itinéraire qu’en voiture. Le cycliste privilégiera les voiries équipées de pistes cyclables, le RAVeL, les chemins de campagne, les quartiers résidentiels… Il est intéressant de demander aux cyclistes déjà connus dans l'entreprise de partager leur itinéraire. Mais il existe aussi des planificateurs de trajet qui peuvent être d'une bonne aide (Google Maps, Komoot, Naviki…).
- Proposer des formations. Pour les collaborateurs encore peu à l'aise à vélo dans un contexte autre que la balade du week-end sur les chemins de traverse ou en vélo électrique, l'entreprise peut proposer des formations à la sécurité et à la circulation à vélo dans le trafic. Pro Velo et Vias répondent aux demandes des entreprises avec des workshops interactifs et des formations de terrain. Avello en organise également durant les week-ends.
- Organiser un bike coaching au sein de l'entreprise : des cyclistes aguerris accompagnent pendant deux ou trois jours des cyclistes néophytes sur le chemin du travail pour reconnaître avec eux l'itinéraire le plus sécurisant, rappeler les règles de sécurité, donner des conseils vestimentaires et d'équipement… D'autres activités de mise en selle, comme une balade à vélo sur le temps de midi, une arrivée en convoi de cyclistes depuis un lieu de rassemblement choisi vers l'entreprise, un team building à vélo, etc. sont des opportunités pour faire découvrir le vélo dans un contexte plus professionnel.
- Proposer des tests de vélos électriques : permettre à vos collaborateurs de tester un vélo à assistance électrique pendant quelques jours voire quelques semaines pour leurs déplacements domicile-travail peut les encourager à passer le cap et à opter pour le vélo. L'entreprise achète elle-même ces vélos qui peuvent être aussi utilisés comme vélos de service ou passer par un service de leasing de vélos.
- Des séances d'information et de sensibilisation ne sont jamais inutiles : sécurité routière, vélo et santé, comment démarrer à vélo, comment lever les freins au vélo... Autant de séances organisables gratuitement en entreprise dans le cadre de l'opération Tous vélo-actifs.
Vélos de société
Une démarche proactive de l'entreprise pour encourager l'usage du vélo est de proposer à ses employés un vélo de société personnel. Plusieurs solutions existent :
- L'entreprise organise un achat groupé de vélos pour ses employés. Ceux-ci achètent eux-mêmes le vélo, bien souvent avec un rabais négocié par l'entreprise.
- L'entreprise acquiert auprès d'un vélociste ou d'une compagnie de leasing une flotte de vélos et les propose en leasing à ses travailleurs avec la possibilité (ou non) de racheter le vélo en fin de contrat.
- L'entreprise passe un contrat avec une compagnie de leasing qui gère elle-même avec les collaborateurs la mise à disposition des vélos.
Dans le cadre d'un leasing, le financement du vélo de société peut se faire de différentes manières :
- L'entreprise « offre » le vélo à ses employés. Les frais occasionnés sont entièrement déductibles et aucun avantage de toute nature n’est dû si le vélo est utilisé régulièrement pour les déplacements domicile-travail.
- L'employé finance lui-même le vélo via sa rémunération (via son treizième mois, son pécule de vacances, son budget mobilité, le Plan cafétéria, son salaire brut).
- L'entreprise finance une partie des coûts du vélo et l'employé complète le solde.
Pour aller plus loin
Tous vélo-actifs est une opération de la Wallonie mise en œuvre par la Cellule Mobilité de d'AKT for Wallonia pour aider sur le long terme les entreprises privées et publiques à encourager l'usage du vélo pour les déplacements domicile-travail. L'accompagnement est entièrement gratuit pour les organisations de plus de 100 travailleurs.
Pour les organisations de moins de 100 travailleurs, le PME Bike Coaching est opérationnel durant toute l'année 2026 (tarif limité à 500€ grâce au soutien du SPF Mobilité et Transports).
4. La micromobilité
Le terme « micromobilité » regroupe plusieurs engins de déplacement : les trottinettes, les monoroues, les gyropodes, les skateboards électriques, les hoverboards...
Faciles à ranger dans un train, un bus ou le coffre d'une voiture, ils s’utilisent souvent pour réaliser les premiers ou derniers kilomètres d'un trajet en combinaison avec un autre mode de transport.
Moins chers qu’un vélo pliant, ils sont une solution intéressante pour passer rapidement à l'intermodalité. Sur la route, ces engins sont assimilés à des vélos et doivent suivre les mêmes règles.
Pour aller plus loin
Plusieurs services sont à la disposition des entreprises pour réaliser in situ des tests d'engins de micromobilité, comme Flywheels ou Le Mobility Van (MaestroMobile).
5. Les transports en commun
En 2025 en Belgique, plus de 90 % de la population habite à moins de 500 mètres d'un arrêt de transport public (bus, tram, métro, train). Pour peu que l'entreprise se trouve elle aussi à proximité d'un arrêt, les transports en commun peuvent devenir des alternatives crédibles à la voiture et une réponse à la crise des prix des carburants. d'autant que l'intervention de l'employeur dans le prix des abonnements de transport en commun est obligatoire.
Les entreprises ont donc certainement un rôle à jouer pour inciter leur personnel, via quelques méthodes simples et efficaces, à les utiliser.
Quel transport en commun ?
Avec 262 gares desservies en Wallonie par la SNCB, le train est un mode de transport sûr et confortable, notamment pour de longues distances.
Le TEC assure le fonctionnement de 800 lignes de bus partout en Wallonie, ainsi que plusieurs lignes de tram à Charleroi et Liège. 31 lignes de bus Express du TEC desservent aussi la Wallonie; elles permettent de relier une ville à une autre, rapidement et en toute sécurité, généralement là où il n’y a pas de connexion directe en train.

Toutes ces alternatives sont souvent moins coûteuses pour l'employé et l'employeur que la voiture individuelle. Mais comment les encourager ?
Les incitants
- Le tiers payant est un contrat passé entre l'opérateur de transport (TEC, SNCB) et l'entreprise. Grâce à ce contrat, le travailleur ne paie que la charge qui lui incombe. Si l'employeur rembourse les transports en commun à 75%, l'employé ne devra plus payer que 25% lorsqu’il va chercher son abonnement au guichet. Les 75% restants seront automatiquement facturés à l'entreprise. Si l'employeur rembourse 100% de l'abonnement, alors 100% seront facturés à l'entreprise et l'employé ne devra rien débourser au guichet. Via ce système, l'entreprise a accès à un portail business sur le site de l'opérateur de transport et autorise facilement les accès aux différents types de tickets à ses travailleurs.
- Remboursement à 100 %. Dans certaines commissions paritaires, les règles de remboursement pour les trajets domicile-travail effectués en transport en commun sont toujours mentionnées en tant que montants minimums. Mais l'entreprise peut décider de faire plus… et rembourser les abonnements à 100%.
- Railease est une convention que passe un employeur avec la SNCB pour permettre à ses travailleurs bénéficiant d'une voiture de société de pouvoir effectuer sur l'année 20, 40 ou 60 journées de déplacement en train (aussi avec une extension sur les réseaux De Lijn, LETEC et STIB moyennant un supplément). L'offre peut être combinée avec une formule de parking à la gare. Railease est déductible à 100 % et n’est pas considéré comme un avantage toute nature.
Bon à savoir : grâce à un accord entre l'État fédéral et la SNCB, il existe également une convention tiers payant 80/20. Dans cette convention, si l'entreprise décide de rembourser les abonnements des travailleurs à hauteur de 80 %, l'État prend en charge les 20 % restants pour que les travailleurs n’aient rien à payer.
Pour aller plus loin
Consultez les offres B2B de la SNCB ainsi que l'offre tiers-payant BUS’ness du TEC (outil de gestion en ligne, facturation mensuelle centralisée et suivi personnalisé).
Communication
Comment faire passer le message ? Comment convaincre les travailleurs d'essayer les transports en commun ?
- Ambassadeurs: s’appuyer sur des navetteurs déjà existants peut être d'une grande aide. En devenant ambassadeurs des transports en commun, ces navetteurs vont plus facilement convaincre leurs collègues. Ils pourront également accompagner et coacher les travailleurs qui souhaitent se lancer. Votre personnel est votre force !
- Accompagnement et coaching: c’est le rôle du mobility manager. Il peut accompagner les futurs navetteurs en leur expliquant les démarches à effectuer pour obtenir un titre de transport, en préparant avec eux le meilleur itinéraire, etc.
- Diffusion des lignes, arrêts et horaires de bus. Il est important de rappeler régulièrement les lignes de bus qui passent à proximité de l'entreprise et leurs horaires, de mentionner la gare la plus proche et le temps pour la rejoindre à pied, à vélo ou en trottinette. Ces informations peuvent être diffusées sur les plateformes internes, mais également sur les écrans à l'entrée du bâtiment, par exemple.
Faciliter le premier et le dernier kilomètre
La gare ou l'arrêt de bus n’est pas toujours devant le domicile du travailleur ou devant le siège de l'entreprise. Parcourir le(s) premier(s) et/ou le(s) dernier(s) kilomètres peut être un frein à l'usage des transports en commun. L'employeur peut proposer certaines solutions pour faciliter l'intermodalité :
- Mettre à la disposition des employés (achat ou leasing) des vélos ou des engins de micromobilité pour effectuer les premiers et derniers kilomètres qui séparent le domicile de la gare et/ou l'entreprise de la gare. Cela peut s’accompagner de formations à la micromobilité ou à la pratique du vélo dans la circulation. Pour rappel, l'indemnité vélo peut être perçue également pour ces kilomètres.
- En plus de l'abonnement de train, l'entreprise peut offrir un accès au parking SNCB de la gare la plus proche du domicile du travailleur. Pour les abonnements de stationnement, la contribution de l'employeur est toujours de 100%.
- Pour désengorger les centres-villes, les entreprises peuvent offrir à leur personnel un accès aux parkings P+R aménagés en périphérie pour y garer leur véhicule et prendre ensuite les transports en commun pour effectuer les derniers kilomètres vers le centre-ville (P+R de Liège, P+R de Namur, P+R de Bruxelles).
- Mettre en place une navette entre la gare et l'entreprise peut être un incitant supplémentaire pour faciliter l'utilisation du train. Cependant, c’est une mesure relativement coûteuse, qui ne peut s’improviser. Il s’agira d'abord d'évaluer le potentiel d'utilisation de cette navette ou encore de mutualiser la demande et les coûts avec d'autres entreprises à proximité. Pour organiser cette navette, l'entreprise peut avoir recours à un opérateur privé (ce dernier fournit à la fois le chauffeur et le véhicule) ou acheter un véhicule (100 % déductible) et trouver un chauffeur parmi ses ressources internes pour effectuer plusieurs fois par jour, le trajet entre la gare et l'entreprise.
6. La voiture autrement
Le covoiturage
Le covoiturage est une mesure de mobilité qui peut être mise très rapidement en place dans une entreprise. Sa mise en oeuvre ne demande pas de compétences nouvelles pour le travailleur ni la découverte d'un nouveau mode de transport. En termes de pouvoir d'achat, c’est extrêmement efficace puisque, sans investissement de base, on peut facilement diviser ses coûts de carburant par deux (voire plus si l'on covoiture à plusieurs).
Mesures qu’un employeur peut prendre pour encourager le covoiturage
Afin d'aider les travailleurs à trouver des collègues covoitureurs :
- Création d'une carte des personnes intéressées, par exemple via Umap ou Google My Maps. Soyez attentifs au RGPD et veillez à recueillir le consentement des travailleurs avant de diffuser toute information à caractère personnel. La carte peut également être affichée de manière vierge, en invitant les travailleurs à venir eux-mêmes y apposer une punaise ou gommette à l'endroit de leur point de départ (domicile en général, mais pour certains il peut s'agir de l'école des enfants).
- Mise en relation via un « speed dating ». Lors d'un temps de midi, les travailleurs intéressés sont regroupés par code postal ou région d'origine et peuvent discuter des horaires et modalités pratiques jusqu’à trouver le covoitureur pour leur siège passager.
- Utilisation de plateformes de covoiturage comme Carpool.be (la plus répandue en Belgique, gratuite en version B2C ou payante en version B2B pour obtenir des fonctionnalités avancées de tracking, calcul de l'avantage fiscal, soutien à la communication... Elle permet de trouver un covoitureur au sein de son entreprise, mais aussi dans le pool plus large des annonces de travailleurs d'entreprises proches) ou Commuty (application de gestion de parking en entreprise qui dispose aussi d'un outil de matching des travailleurs).
Mettre en place divers incitants :
- Des places de parking privilégiées pour les covoitureurs. Soit de manière statique (via un panneau qui réserve la place pour les covoitureurs, éventuellement via un contrôle avec MobiCalendar), soit de manière dynamique grâce à Izix, MyFlexiPark, Commuty, Fairpark ou autre application.
- Proposer un système de retour garanti afin que les covoitureurs puissent rentrer chez eux, dans le cas où le retour est compromis, pour raisons exceptionnelles (un enfant malade, une réunion pour le conducteur ou un passager qui dure plus longtemps que prévu, voire qui s’improvise…). Le retour à la maison est alors garanti par l'entreprise et peut se faire en taxi, avec un autre collègue, par transports en commun ou encore, avec un véhicule de l'entreprise. Cette mesure apporte confort et souplesse et est bien sûr soumise à des règles d'utilisation précises afin d'éviter les abus (l'expérience démontre toutefois que ces derniers sont assez rares).
- L'Avantage fiscal qui peut être calculé avec MobiCalendar ou Commuty.
- Des incitants plus ludiques tels qu’un concours photo, la distribution de goodies pour les covoitureurs...
Communication
- Parlez des économies sur le carburant. Soyez concret, et calculez ce que cela représente depuis votre entreprise jusqu’à une ville proche dont beaucoup de vos travailleurs sont issus, par exemple (voir ce calculateur).
- Evoquez la convivialité retrouvée après les confinements, les économies de CO2, l'accès aux incitants que vous aurez mis en place, la fatigue diminuée du fait de conduire moins souvent…
- Répondez aux inquiétudes des travailleurs, qu'il s'agisse de l'impossibilité de le faire tous les jours (comme pour tout, mieux vaut commencer une fois de temps en temps et voir comment ça se passe), de la crainte de ne plus percevoir son indemnité de déplacement (si l'avantage fiscal est mis en oeuvre, ils gagneront même davantage), des implications en termes d'assurances (rien ne change, tous les passagers sont couverts en cas d'accident, y compris en cas de détour pour aller chercher un collègue), du retour garanti ou des questions d'argent (alternance entre les conducteurs pour ne pas toujours utiliser la même voiture, tout en prenant note des trajets effectués. Pensez à prévoir un arrangement qui convienne à toutes les parties pour que personne ne se sente lésé).
L'électrification des flottes de véhicules de société
La loi du 25 novembre 2021 relative au verdissement fiscal et social de la mobilité a profondément modifié les règles de déductibilité fiscale et de cotisations sociales applicables aux voitures de société. Son objectif est clair : accélérer la transition des flottes thermiques vers des flottes zéro émission.
De nombreuses entreprises ont déjà passé le cap, notamment pour éviter des surcoûts fiscaux croissants. Dans le contexte actuel de forte volatilité des prix de l’essence et du diesel, ce choix se révèle d’autant plus pertinent. Au-delà de l’impact environnemental positif, l’électrification permet également une meilleure maîtrise des coûts à moyen et long terme.
Même si le coût d’acquisition d’un véhicule électrique reste plus élevé, le cadre fiscal actuel et la hausse structurelle des carburants rendent cette option globalement plus avantageuse, tant pour l’employeur que pour le travailleur.
Pour les entreprises dont la flotte reste encore majoritairement thermique, cette transition apparaît aujourd’hui comme une évolution stratégique incontournable.
Quelques conseils :
- pour électrifier les véhicules de votre flotte ;
- pour installer des bornes de recharges ;
- pour optimiser la recharge des véhicules électriques.
En attendant, parallèlement à cette transition, il est possible pour l’entreprise d’adapter la policy relative à la carte carburant associée à la voiture thermique mise à disposition du travailleur pour réglementer l’usage privé de cette carte. C’est en effet un avantage extralégal et il n’y a pas d’obligation pour l’employeur de prendre à sa charge tout ou partie de ces frais. L'entreprise peut donc limiter son usage au territoire belge, plafonner le volume mensuel de carburant ou encore orienter vers des carburants moins coûteux. Ces ajustements permettent de mieux maîtriser les dépenses tout en conservant une certaine flexibilité pour les travailleurs.
L'éco-conduite
Pour ceux qui ne peuvent absolument pas se passer d'une voiture pour aller travailler, il est possible, en adaptant sa conduite et en suivant quelques principes et conseils de réduire sa consommation de carburant de près de 20 % – et par la même occasion, de polluer moins. Dans certaines entreprises, des cours d'éco-conduite sont depuis longtemps proposés aux collaborateurs soit de manière systématique à la mise à disposition d'une voiture de société et d'une carte carburant, soit au cas par cas. La situation actuelle devrait accroître l'intérêt pour la formule.
Pour réduire sa consommation de carburant, voici quelques conseils pouvant faire l'objet d'une communication ciblée au sein de l'entreprise, via Europ Assistance ou Ecoconso.
Consultez aussi le site Internet de DriveOlution; après cartographie de la flotte de véhicules de l'entreprise, un programme de formation sur mesure est proposé à l'entreprise pour l'aider à faire en sorte que la conduite des travailleurs soit plus sûre et plus économe.
7. Le Budget Mobilité
Au-delà de tout ce qui a été dit dans cet article, une approche plus globale de la mobilité s’impose. C’est ici que la multimodalité prend tout son sens, en combinant différents modes de transport selon les besoins.
Dans cette logique, le budget mobilité constitue un outil particulièrement pertinent. Il permet aux travailleurs d’abandonner (ou de compléter) la voiture de société au profit d’un budget qu’ils peuvent affecter à différentes solutions :
- Une voiture plus écologique, obligatoirement électrique depuis 2026 (pilier 1) ;
- Des modes de transport durables tels que les transports publics, le vélo, la mobilité partagée, etc. ou les frais de logement proche du travail (pilier 2) ;
- Le solde restant en cash, sous certaines conditions (pilier 3).
Dans un contexte de hausse des prix des carburants, le budget mobilité offre plusieurs avantages :
- Il réduit la dépendance aux carburants fossiles ;
- Il donne plus de flexibilité aux travailleurs ;
- Il permet à l’employeur de mieux maîtriser ses coûts ;
- Il s’inscrit pleinement dans une stratégie ESG et de transition durable.
Combiné à l’électrification des flottes, le budget mobilité permet ainsi aux entreprises de proposer une politique de mobilité cohérente, résiliente et adaptée aux enjeux actuels. Si l’on ajoute à cela l’avant-projet de loi qui rendrait le budget mobilité obligatoire à partir du 1er janvier 2027 pour les entreprises de plus de 50 travailleurs offrant des voitures de société et à partir du 1er janvier 2028 pour celles de plus de 15 travailleurs, il apparaît d’autant plus stratégique pour les employeurs d’anticiper dès aujourd’hui sa mise en place, afin de transformer cette obligation future en véritable opportunité d’optimisation des coûts et de transition durable.

